Colo sucrée

Internat médecine générale – séjour thérapeutique avec l’AJD 2015
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Il est 3h20 . Oui en pleine nuit. Et je me sens comme un abominable monstre. C’est ma 3 eme journée au sein de ce séjour de colo pour enfants diabétiques. Alors que seule la trotteuse résonne dans le bureau de l’infirmerie, me voilà rodant dans les couloirs tel une ombre maléfique. Je m’adone, de chambre en chambre à un rituel ignoble : m’approcher, lampe torche baissée, du lit des enfants si paisiblement endormis et me saisir de leur doigt que je pique d’un coup sec afin d’en extraire une goutte de sang précieuse pour analyse. J’ai l’impression d’être un foutu connard sans cœur. J’en ai mal au bide de les piquer dans leur sommeil ces pauvres gamins. Putain de maladie.
Portraits d’artistes :

Levemir , 9ans Un petit gosse jovial, brun frisé au teint hâlé. Un vrai petit bout en train, toujours prêt à faire une blague pour faire rire ses copains. Ce matin, il n’arrivait pas à l’infirmerie. On le sait bon dormeur, c’est la marmotte de l’étage. Mais lorsqu’on est arrivés il a fait une convulsion hypoglycémique et il a fallu lui injecter du glucagon en urgence. Il a ensuite vomi et il a fallu le resucrer malgré son dégoût dans la situation. Me sentir comme un tortionnaire pour ce gamin a été pire que tout, je revois encore ma collègue lui mettre du sucre dans la bouche en le forçant le plus gentiment possible…il a passé la journée couché. Et il a fallu rassurer sa maman en pleurs au téléphone. Vous savez quoi? Quand il a repris ses esprits, il nous a pris dans les bras et nous a dit « je vous en veux pas »

Lantus, 10ans. Mon préféré !( j’ai honte de faire du favoritisme mais il faut être honnête, on a tous ses préférés). Pourquoi? Par ce que pour son âge il en connaît un rayon de plus que moi sur le diabète, il adapte et calcule ses doses seul par rapport à ce qu’il mange. Bref : il m’impressionne. Posé, vif d’esprit et intelligent. En plus on parle italien tous les deux.

Acétone il a 7ans et ses parents sont portugais. Un vrai petit phénomène ! Mais quand il s’agit de faire l’injection, c’est autre chose. Timide, tous les soirs il faut s’isoler pour faire l’injection dans les fesses. « Eh oh, je vais pas faire devant mes copains ! » Et puis en vrai, je pense que ça le rassure. C’est la première fois qu’un gamin me demande de gonfler lui même le brassard à tension pendant l’examen !
Je suis venu sans attente particulière d’autre que d’acquérir des compétences dans la gestion du diabète, mais j’ai appris bien plus : que tu t’appelles Julia, Habib, Noé ou Mathis, ici tu es diabétique comme tout le monde, et surtout en vacances. Je ne pourrai décrire à la fois la peine que me font ces enfants mais aussi l’admiration que j’ai pour eux et la joie de les voir s’amuser.
Et je leur souhaite tout le bonheur qu’ils méritent.
Un conseil : cliquez sur le lien de L’ASSOCIATION POUR LES JEUNES DIABÉTIQUES
Docteur même pas peur ( qui aime les bonbons)
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